Anciennes lettres aux adhérents


Lettre d'appel des cotisations 2009

Cher adhérent,

J'aurais quantité d'informations à porter à votre connaissance concernant l'activité 2008 de notre association, les difficultés qu'il a fallu résoudre, celles qui perdurent, les réussites obtenues, les contrariétés et les satisfactions, mais je préfère vous conter d'abord quelques histoires de bêtes, sources de chagrin ou de joie car, si nous nous appliquons à faire fonctionner cette énorme machine qu'est le refuge, véritable entreprise -mais entreprise sans but lucratif, et dont le fonctionnement est assuré en majeure partie par des bénévoles, - c'est évidemment dans le seul but de venir en aide aux animaux malheureux, pour lesquels nous sommes bien souvent la dernière chance de salut.

Des dijonnais découvrent dans leur jardin un chaton tigré roux qui crie famine et se déplace sur trois pattes. Apitoyés, ils le nourrissent, le baptisent Carotte et font procéder aux premiers soins par leur vétérinaire, avant de l'apporter au refuge. Diagnostic : fracture du coude ancienne, consolidée, trop tard pour opérer. On imagine la détresse dans laquelle s'est trouvée cette petite bête, abandonnée et souffrant le martyre, pendant tout le temps nécessaire à la consolidation. Carotte, devenue Leslie, a peu à peu repris confiance, à force de tendresse et de bons soins. Retranchée dans sa petite cage de la chatterie d'isolation, elle en a fait son paradis : enfin un endroit où l'on ne souffre pas, où l'on a chaud, où l'on mange à sa faim !

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Le chaton Carotte-Leslie, adopté

Onze ans, une santé de fer, une pêche d'enfer et un caractère en or : malgré toutes ses qualités, malgré son âge, malgré tant d'années passées ensemble, Homère, superbe labrador sable, doit faire face à un abandon ; ses maîtres attendent l'arrivée d'un bébé, le chien est devenu encombrant.

Trouvé près de la gare de Velars, un matou mal en point est apporté au refuge. Après quelques semaines de soins, le chat Janvier, en pleine forme, rejoint en chatterie ses compagnons d'infortune. Il ne reste plus qu'à lui chercher un bon maître, et ce n'est pas le plus facile, car il a souffert si longtemps d'une gale auriculaire, parasite provoquant des démangeaisons insupportables, que cette affection a provoqué un othématome : l'oreille du chat est toute fripée, plissée, ratatinée, et le restera, bien qu'il soit guéri.

Grande joie en novembre dernier : du fin fond de l'Yonne, un jeune couple est venu pour adopter le chien Baptiste, au refuge depuis le 6 avril 1999 et jamais adopté malgré un article dans le journal et diverses incitations à l'adoption. Une malchance incompréhensible semblait s'acharner sur ce brave chien. A l'âge de dix ans, et après avoir séjourné presque neuf ans au refuge, notre Baptiste découvre enfin la vraie vie, et l'affection de bons maîtres qui consacrent une grande partie de leur temps à lui rendre la vie douce.

Je n'en finirais pas d'évoquer les «cas» que nous recevons à longueur d'année et que nous parvenons à faire adopter malgré une infirmité, une difficulté particulière qu'ils présentent ou le peu de temps qu'il leur reste à vivre : Heidi, seize ans et des tumeurs mammaires, trouvée dans un champ à Dijon Valmy, adoptée en toute connaissance de cause afin qu'elle puisse mourir au chaud, et blottie dans des bras rassurants, après avoir été choyée pendant quelque temps. Lambert, jeune fox tricolore oublié sur l'autoroute, adopté malgré les séquelles d'une attaque, conséquence probable du stress, qui survint peu avant son arrivée au refuge ; chiens abandonnés en raison de leur âge, sous divers faux prétextes, le cocker Norway parce que son maître partait pour l'Espagne, la chienne Patka parce que le sien abandonnait ses fonctions de gardiennage, le berger allemand Luigi parce que ses maîtres divorçaient, le braque Oliver parce qu'il ne chassait plus...

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Le gentil teckel Ralph attend toujours un maître

On pourrait citer aussi Sophia et Snoopy, bichons maltais inséparables, la première guidant le second, devenu aveugle ; Titus et Mirette, chiens âgés arrivant au refuge parce que le maître de l'un entrait à l'hôpital et la maîtresse de l'autre en maison de retraite ; des chats timides traumatisés, dans les chatteries surpeuplées, par le nombre de leurs congénères : Capucine qui n'osait plus faire sa toilette, Jacob qui ne mangeait pas si quelqu'un ne restait pas auprès de lui ; Hubert le chaton borgne, Harold le chat courageux arrivé au refuge pantelant, borgne, la gorge déchirée d'où coulait un mélange de sang et de pus... José, le vieux chien qui cherchait sa pitance dans les poubelles d'Auxonne... Tous ont été adoptés et coulent des jours heureux...

Je pense aussi au vieux chien de chasse Hippolyte, lâché dans la ville de Bèze pour qu'il aille mourir ailleurs, au chat Isaac qui trouvait refuge dans les égoûts d'Aloxe-Corton et qui arriva au refuge enfermé dans une cage pour oiseaux, au teckel Ralph abandonné à cause d'un cancer des testicules, que nous avons pu faire opérer et pour lequel le risque de métastases est très faible...

Le 29 mai prochain, nous remettrons à tous ceux qui, au cours de l'année, ont accueilli un de ces «cas des cailloux», leur diplôme de «Compagnon de Saint-François d'Assise». Un grand merci aux personnalités qui acceptent régulièrement d'honorer de leur présence cette petite réunion, conférant davantage de solennité à la remise des récompenses, et démontrant par leur présence l'importance que les collectivités locales accordent à ces actions généreuses et l'estime qu'ils portent à ceux qui les accomplissent. Vous pouvez voir les photos des réunions passées sur notre site internet, dans la rubrique «distinctions».

Nous avons, nous, adhérents de la S.D.A., la volonté, et l'honnêteté aussi, de mettre nos convictions en pratique. Car c'est bien beau de se réunir tous autour du refus de l'euthanasie libératoire, d'être légitimement indigné par le fait qu'on puisse envisager de mettre à mort un animal qu'il est possible de soigner, et même s'il est jeune, beau et en pleine santé, simplement pour dégager une place, encore faut-il faire ce qu'il faut pour que la belle idée de la chance donnée à chaque animal puisse être réalisable. En effet, il faut bien libérer les boxes pour les animaux qui arrivent, donc faire adopter tous ceux qui échouent au refuge. Et nous constatons, depuis 1996, sans que faiblisse jamais la détermination et l'engagement de chacun d'entre nous, que les adhérents de la S.D.A. se donnent les moyens de faire vivre leurs convictions, en accordant à leur association le soutien financier important qui est nécessaire à la réalisation de ses missions, et en adoptant les «cas des cailloux» que nous présentons dans le Bien Public et sur notre site internet.

Il y a bel et bien une «exception S.D.A.», je le constate lors de chaque congrès des S.P.A. de France, en discutant avec les autres présidents, stupéfaits que nous parvenions à trouver de bons maîtres pour tous les doyens et éclopés que nous recueillons, d'une part, et que nous arrivions à faire tourner le refuge, à procurer à nos protégés tout ce qui leur est nécessaire, sans recevoir d'indemnités de fourrière, d'autre part. Il faut préciser que bien qu'ayant une activité importante de fourrière, c'est-à-dire d'accueil des animaux errants, nous ne percevons pas d' indemnité des municipalités à ce titre, puisque c'est la S.P.A de Messigny qui, ayant de longue date les contrats avec les municipalités, reçoit la presque totalité des indemnités fourrière des communes du département (Dijon inclus). Or, ces indemnités constituent habituellement la principale ressource des S.P.A., ressource dont nous devons nous passer.

Néanmoins, nous avons accueilli, en 2008, comme les années précédentes, des animaux en provenance de tout le département (voir liste de la provenance des animaux trouvés dans les informations complémentaires) sans compensation financière, et nous avons procédé pour chacun d'entre eux à la mise en état sanitaire et légale nécessaire avant de les proposer à l'adoption. Tous les animaux, quels que soient leur âge, leur race, leur état sanitaire à l'arrivée, leur statut (animal abandonné ou animal trouvé), ont été systématiquement soignés, identifiés, vaccinés contre les maladies courantes de leur espèce. Les chats, mâles et femelles, ont été stérilisés et testés contre la leucose et le F.I.V. Les chiennes ont été stérilisées avant leur sortie du refuge pour adoption. Aucune euthanasie libératoire n'a été effectuée ni côté refuge ni côté fourrière, et le fait est assez exceptionnel pour être signalé. Tous les animaux qui sont entrés dans les bâtiments fourrière -que nous nommons «chenil d'isolation» et «chatterie d'isolation»- en sont ressortis, après mise en état sanitaire, pour être installés au refuge, en attente d'adoption. (Ce sont les animaux «trouvés» qui doivent obligatoirement être inscrits en fourrière, contrairement à ceux qui sont abandonnés au refuge par leur maître). Nous n'avons pratiqué que quelques euthanasies médicales, lorsque la médecine vétérinaire s'est déclarée impuissante à soigner l'animal et à soulager sa souffrance. Pour fixer les idées, depuis 1996, nous faisons pratiquer environ une dizaine d'euthanasies, par nécessité médicale, au total, par an. A titre d'exemple, euthanasies pour l'année 2007 : au refuge, 4 chiens et 3 chats ; en fourrière, 0 chien et 4 chats. Chaque fois, il s'agissait de cas désespérés.

La plupart des animaux arrivant au refuge n'ayant jamais été montrés à un vétérinaire, leur «mise en état sanitaire» coûte cher, mais elle est absolument indispensable. Au total, ce sont 634 animaux (pensionnaires y compris) qui ont transité par notre refuge en 2007. (les statistiques 2008 ne sont pas achevées au moment où j'écris). Pour les six premiers mois de 2008, nous avons déjà pris en charge 314 animaux ; plus de 150 familles nous ont déjà confié leur animal en pension. Et les mois les plus chargés (juillet-août) n'ont pas encore été pris en compte, puisqu'ils font partie du second semestre, de loin le plus important.

Il ne faut pas oublier cependant que, si nous évoquons beaucoup les «cas des cailloux» parce qu'il faut les mettre en lumière pour qu'ils soient adoptés, la plupart de nos protégés sont des animaux jeunes, en bonne santé, assez souvent dotés d'un pédigree, document que nous nous empressons d'ailleurs de détruire. En janvier, on abandonne beaucoup les «cadeaux de Noël» : le chiot ou le chaton qu'on ne désirait pas, mais qu'on n'a pas osé refuser à celui qui l'offrait. Une allergie imaginaire sert parfois de prétexte. Assez souvent, sont abandonnés des animaux qui viennent d'être achetés dans une animalerie : chiots et chatons, parce qu'un enfant, qui a beaucoup insisté pour qu'on lui achète un compagnon à quatre pattes, ne s'en occupe plus au bout de quelques jours ; nouveaux animaux de compagnie (furets, souris, oiseaux, octodons, lapins...) parce qu'on ne sait pas comment il faut s'en occuper, ou simplement parce qu'on s'est rendu compte peu après l'achat que les besoins liés à leur espèce ne sont pas compatibles avec le mode de vie des humains.

Mais, en grande majorité, ce sont des animaux «trouvés» qui arrivent au refuge.(Ce sont en fait soit des abandons déguisés, soit des abandons particulièrement lâches : on jette l'animal dans la nature au lieu de le déposer dans un refuge). S'ils viennent de tout le département, beaucoup ont été trouvés à Dijon par des dijonnais.

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Pourquoi m'avoir acheté, si c'était pour m'abandonner à la première occasion ?

Des nouvelles concernant le projet de nouveau refuge : un programme de construction et des besoins a été établi, bénévolement, par Jean-François Devalière, architecte en chef honoraire de la Ville de Dijon et membre de notre association. Ce travail très important a nécessité, en plus des compétences techniques indispensables, de nombreuses séances de concertation, des visites d'étude au refuge etc... Pierre Chaillot et moi-même avons participé de notre mieux, mais c'est Jean-François qui portait la responsabilité du projet avec tous les soucis que cela implique (et même plusieurs nuits d'insomnie !), et qui effectuait le travail. Nous sommes allés tous les trois, l'été dernier, remettre le dossier à Mme Carole Chalopin, Directrice du service de gestion du patrimoine de la Ville de Dijon, dont M. Alain Millot m'avait proposé l'aide précieuse. Enfin, Pierre Chaillot et moi-même avons été reçus à la Mairie le 23 décembre dernier, pour une concertation au sujet du projet, par M. Alain Millot, Premier Adjoint, et par M. Laurent Grandguillaume, adjoint au Maire, assistés par le Directeur général des services. Nous avons été très satisfaits de cette réunion, et sommes particulièrement reconnaissants à la Ville de Dijon de l'intérêt qu'elle porte à ce dossier et de la bienveillance qu'elle manifeste à l'égard de notre association. Nous avons par ailleurs sollicité un entretien auprès de M. François Sauvadet, Président du Conseil Général, et attendons que soit fixée la date de cette rencontre, dont nous espérons également beaucoup. Je ne manquerai pas de vous tenir régulièrement au courant ; je sais que vous attendez tous avec impatience le «déménagement» de notre refuge, qui permettra enfin à notre association de fonctionner normalement dans des installations respectant les normes actuelles (nos locaux sont conformes aux normes en vigueur... en 1919 !) mais une telle réalisation ne peut pas voir le jour rapidement. Vous avez néanmoins compris que désormais tous les espoirs nous sont permis.

Sujet d'inquiétude : l'augmentation très importante de nos dépenses obligatoires. Les médicaments tout d'abord, pour lesquels nous ne faisions, auparavant, que quelques rares dépenses, vraiment minimes, auprès de la centrale d'achat des vétérinaires. Les nouvelles lois entourant le médicament nous sont toutes défavorables, et leurs conséquences néfastes nous privent de nos sources d'approvisionnement habituelles : certains vétérinaires, qui nous donnaient leurs médicaments périmés, donc devenus invendables, mais néanmoins toujours utilisables pendant un certain temps, n'osent plus le faire en ce moment (il est interdit de donner un remède soumis à prescription sans avoir consulté l'animal et rédigé une ordonnance. Cette précaution, peut-être justifiée dans certains cas, devient inepte en ce qui nous concerne, puisque ce sont nos vétérinaires qui gèrent nos remèdes). J'ai moi-même reçu une lettre de «rappel à la loi» parce que j'avais fait paraître dans le Bien Public un petit article pour demander aux particuliers de nous apporter leurs médicaments entamés ou légèrement périmés. Depuis 1996, je faisais paraître cet article deux fois par an, et chaque fois, on assistait au refuge à un véritable défilé de personnes tout heureuses de se défaire pour une bonne cause de remèdes dont leur animal n'avait plus besoin, avec pour résultat plusieurs mètres cubes de spécialités diverses. Je ne pourrai plus le faire sans risquer de mettre l'association dans un mauvais cas. Les tests leucose/F.I.V. nous étaient fournis gratuitement par un laboratoire contre une étude portant sur les résultats. Nous devons désormais acheter les tests, vendus 7 € pièce. (coût en 2007 : 1113 €).

Nous avons en permanence 170 animaux à soigner, plus de 200 en période d'été, et le renouvellement est fréquent (l'un est adopté, le suivant arrive et il faut recommencer les soins). Après quelques mois de dépenses exorbitantes, car notre stock de remèdes, pourtant impressionnant, était pratiquement épuisé, après des périodes de colère, de découragement et d'exaspération, des pétitions demandant que les S.P.A. puissent continuer à se fournir auprès des centrales d'achat des vétérinaires, signées par des milliers de personnes et dont il n'a pas été tenu compte, nous sommes finalement arrivés à une solution, la moins onéreuse possible, et j'ai signé un contrat avec une pharmacie de Saint-Août, dans l'Indre, auprès de laquelle nous commandons à prix réduits les médicaments qu'il nous faut. Mais entre les prix réduits pour soigner 170 bêtes présentes au refuge en même temps, plus de 600 par an, et la gratuité précédente, il y a... une dépense considérable. Un exemple : la première commande effectuée en novembre auprès de la pharmacie de l'Indre, déjà très largement consommée fin décembre, a coûté 1785 €.

Frais vétérinaires : Ils ont augmenté de plus de 33 % en deux ans, et une nouvelle augmentation est intervenue dans l'été. Nous en sommes actuellement à 1600 € par mois en moyenne (contre 837 € en 2005), c'est-à-dire que nos frais vétérinaires ont presque doublé depuis 2005. La bonne volonté et le dévouement de nos vétérinaires, ainsi que les tarifs amicaux qu'ils nous consentent, ne sont évidemment pas en cause.

Nourriture : Avec la viande que nous fournit la banque alimentaire, nous pouvions auparavant préparer la soupe des chiens 5 jours sur 7. Les quantités ayant beaucoup diminué, nous ne pouvons plus préparer qu'une soupe par semaine avec ce qui nous est donné. Et les pâtes que nous ajoutons à la viande ont elles aussi beaucoup augmenté ! Nous nous fournissons auprès de «Mars P.F. France» en palettes d'une tonne d'aliments déclassés. Or, il n'y a plus de croquettes déclassées depuis plus d'un an ; nous devons donc les acheter au prix du commerce. Quant aux boîtes déclassées, pour lesquelles nous ne payions, naguère, que le transport, elles nous sont livrées maintenant presque au prix du commerce, le transport seul étant gratuit. Frais de nourriture pour 2007 : 22714 €.

Salaires : Nos moyens financiers réduits nous obligent à employer essentiellement des personnes ayant droit à des contrats aidés par l'état (contrats d'avenir et contrats d'accompagnement vers l'emploi). Nous n'avons qu'une seule employée en C.D.I. Or, le remboursement par l'état est descendu, pour les personnes que nous employons, à 65 % ou 50 % du salaire pour 20 heures seulement, alors qu'il était naguère de 80 % ou de 85 % sur un nombre d'heures plus important.

Dans le même temps, nos recettes restent pratiquement stables : Les cotisations et dons augmentent légèrement chaque année, mais pas dans la même proportion que nos dépenses obligatoires. Or, notre budget est essentiellement alimenté par nos adhérents. Pour 2006, les dons et cotisations de nos adhérents représentaient 91,51 % de nos recettes, et ils représentaient 96,34 % de nos recettes en 2007. Le total des subventions et indemnités perçues par notre association réprésentait 8,49 % seulement de nos recettes en 2006 et 3,66 % en 2007. (Les variations dépendent des legs perçus, et non d'une diminution des subventions qui nous ont été accordées, pour 2007 et 2008, par la Ville de Dijon et le Conseil Général. Nous n'avons pas encore tous les résultats de nos demandes de subventions pour 2009).

C'est assez dire, une fois de plus, que la S.P.A. des Cailloux n'existe que par la détermination sans faille et la générosité de ses adhérents. Pendant longtemps, une inscription, disparue avec des travaux de rénovation, accueillait les adhérents en visite au refuge : «Nous vivons de vos dons». On aurait pu ajouter : «et de votre volonté». C'est vrai, plus que jamais, et je pense vous l'avoir démontré dans ce qui précède. Nous pouvons légitimement être fiers de notre oeuvre commune, de la qualité de l'entente qui règne entre nous tous et que révèle, chaque année depuis treize ans, le déroulement de l'assemblée générale : comptes approuvés à l'unanimité, administrateurs élus ou réélus à l'unanimité. Alors, à vous tous, merci et bravo !

Je viens ici, une fois de plus, vous proposer de poursuivre cette belle aventure. Je sais que je peux compter sur vous et que, malgré la crise, malgré les difficultés de tous ordres qu'elle génère, malgré l'abondance des sollicitations qui parviennent à chacun d'entre nous, vous continuerez à faire vivre notre association. Je vous en remercie au nom de toutes ces bêtes qui vous doivent la vie et un destin enfin heureux, et au nom de toutes celles qu'en 2009 nous sauverons ensemble.

Je vous prie de bien vouloir agréer, cher adhérent, l'expression de mes meilleurs sentiments.

Le Président,

Nicole Bacqué


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Une bénévole câline les chats.



Lettre d'appel des cotisations 2008

Cher adhérent,

En ce début d'année, je viens ici, une fois de plus, faire appel à votre générosité et vous demander de bien vouloir renouveler votre adhésion à notre association. Votre soutien fidèle est pour nous d'un grand réconfort, car il témoigne de la confiance que vous avez en notre gestion. Mais il est surtout la condition même de l'existence du refuge, et par conséquent de la survie des animaux. Souvent je vous ai dit qu'ils vivaient de nos dons. Vous serez peut-être néanmoins surpris par les chiffres : pour 2006, par exemple (les comptes 2007 ne sont pas encore clôturés), les subventions et indemnités ne représentent que 8,49 % de nos recettes, contre 91,51 % pour nos dons et cotisations. Je précise qu'il s'agit là de résultats globaux, incluant le service d'accueil des animaux trouvés. Vous pouvez donc mesurer l'importance primordiale que revêt votre participation. C'est avec vos dons que sont acquittés les honoraires des vétérinaires, les factures d'aliments, les notes d'eau, de gaz, d'électricité, les impôts, les salaires des employés etc...

Vous savez depuis longtemps que nous gérons notre budget de façon très rigoureuse, avec le souci constant de ne pas gaspiller un centime. Pour exemples : nous faisons nous-mêmes les comptes et les feuilles de paie, le recours à un cabinet comptable étant fort onéreux ; nous avons deux employés seulement en C.D.I., l'une effectuant 35 heures par semaine en qualité de chef animalier-conseiller d'adoption-gardienne, l'autre 8 heures par semaine seulement (il s'agit d'un de nos anciens animaliers, aujourd'hui retraité et réembauché un jour par semaine). Les autres employés sont embauchés sous contrat aidé par l'état. Nous sommes donc remboursés d'une partie de leur salaire et dispensés des charges. Ces contrats étant de courte durée, cela implique évidemment, pour nous, la recherche fréquente de candidats, leur formation, des dossiers à monter, des démarches administratives à effectuer etc... et c'est à nous, bénévoles, qu'incombe la majeure partie du travail de secrétariat, qui s'ajoute à notre travail d'administration : Odile Boch et moi-même y consacrons toutes nos matinées, et une bonne partie de nos après-midi. Employer si peu de personnes rétribuées pour l'entretien de 170 animaux en moyenne, et pour toutes les activités liées à la protection animale représente une vraie gageure, et venir à bout de la charge quotidienne de travail relève souvent de l'exploit.

Si nous effectuons toutes les économies possibles en ce qui concerne les dépenses (et c'est indispensable, car malgré nos efforts, notre compte de résultats 2006 présentait un déficit d'exploitation), le maximum, en revanche, est fait pour les animaux, et je puis affirmer, une nouvelle fois, que la ligne de conduite que nous avions, tous ensemble, définie en 1996, est toujours respectée : tous les animaux, quels que soient leur âge, leur race, leur état sanitaire à l'arrivée, leur statut (animal abandonné ou animal trouvé), sont systématiquement soignés, vaccinés contre les maladies courantes de leur espèce, tatoués. Les chats, mâles et femelles, sont stérilisés et testés contre la leucose et le F.I.V. Les chiennes sont stérilisées avant leur sortie du refuge pour adoption. Aucune euthanasie libératoire n'est effectuée ni côté refuge ni côté fourrière, et le fait est assez rare pour être signalé. Tous les animaux entrant dans les bâtiments fourrière -que nous nommons «chenil d'isolation» et «chatterie d'isolation»- en ressortent, après mise en état sanitaire, pour être installés au refuge, en attente d'adoption. (Ce sont les animaux «trouvés» qui doivent obligatoirement être inscrits en fourrière, contrairement à ceux qui sont abandonnés au refuge par leur maître). Nous ne pratiquons que des euthanasies médicales, lorsque la médecine vétérinaire se déclare impuissante à soigner l'animal et à soulager sa souffrance. La plupart des animaux arrivant au refuge n'ayant jamais été montrés à un vétérinaire, leur «mise en état sanitaire» coûte cher, mais elle est absolument indispensable. Et je rappelle que notre S.P.A., qui a une importante activité de fourrière, c'est-à-dire d'accueil des animaux «trouvés», ne reçoit pas d'indemnité des municipalités pour ce service (exception faite pour une petite commune).

Si je réïtère chaque année ces explications, c'est pour informer les nouveaux adhérents de la façon dont nous concevons l'accueil des animaux sans maître, d'une part, et pour que ceux d'entre vous qui étaient déjà adhérents en 1996 sachent que nous continuons à «tenir le cap». Car ce qui nous a tous liés, ce qui continue à nous réunir, ce qui est notre raison d'être et notre particularité, c'est précisément notre refus catégorique de l'euthanasie. Loin de nous l'idée de critiquer ceux qui doivent la pratiquer : il y a beaucoup plus d'abandons que d'adoptions, l'euthanasie sans nécessité médicale est donc, en l'état actuel des choses, dans les fourrières de la plupart des S.P.A., presque inévitable, mais la mise à mort d'animaux en surnombre n'a rien à voir avec la protection animale, aussi avons-nous choisi de nous cantonner à une oeuvre de sauvetage et d'assistance aux animaux. Cette oeuvre, nous la poursuivons hors refuge en ce qui concerne les chats, dans le cadre du Rassemblement des associations de protection animale ne pratiquant pas l'euthanasie libératoire (R.A.P.A.P.P.E.L.). Nous prêtons main-forte à «Charlotte et les autres... », association adhérant, comme nous, à ce groupement, et qui a fait stériliser et tatouer l'année dernière 312 chats, les sauvant ainsi d'une mort certaine, en accueillant au refuge des cailloux les minous qui ne peuvent pas être remis sur leur lieu de vie en raison d'un handicap quelconque.

Ceux d'entre vous qui fréquentent le refuge ont pu constater que d'importants travaux, destinés à améliorer la qualité de la vie au refuge de nos protégés, ont été effectués cette année. C'est grâce, essentiellement, à la générosité de Michèle Pennequin, adhérente, Chevalier de Saint-François d'Assise et également Présidente d'honneur de «Charlotte et les autres... » que ces travaux ont pu être réalisés. Michèle, depuis plusieurs années, joue le rôle de Père Noël pour nos abandonnés, et nous lui en devons beaucoup de reconnaissance.

Les travaux en question nous permettent de «tenir» dans des installations vétustes, devenues obsolètes depuis longtemps. Le refuge a été conçu, en 1919, pour une cinquantaine de chiens. A l'époque, les chats étaient encore considérés comme des nuisibles... Actuellement, il accueille un grand nombre de chiens, de chats et de N.A.C., mal logés dans des locaux qui ne sont pas aux normes. Le refuge est devenu beaucoup trop petit : infirmerie minuscule, pas de salle d'opération, pas de vestiaire, pas de salle de réunion, pas d'atelier, pas de possibilité de stocker les marchandises, pas de parking, un minuscule bureau d'accueil etc.... Le secrétariat indispensable au fonctionnement de l'association est installé provisoirement, depuis plus de 10 ans, ainsi que les archives, dans un local dijonnais prêté par un administrateur, situation dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'est pas normale. Et cette liste des «manques» est loin d'être exhaustive... Nous sommes dans l'absolue impossibilité de nous mettre en conformité avec les exigences des différentes administrations (Direction des Services Vétérinaires, Environnement, Direction du Travail), ces administrations se montrant d'ailleurs patientes et bienveillantes à notre égard, mais elles ne pourront pas l'être indéfiniment. Il devient urgent que la Ville de Dijon accède à la requête que nous avons présentée il y a de cela quatre ans, requête à laquelle le Maire avait bien voulu répondre favorablement, et attribue à sa S.P.A. un terrain sur lequel pourraient être édifiés des bâtiments fonctionnels.

La justice n'est pas bien sévère avec ceux qui maltraitent les animaux, nous le savons tous. Quant à moi, je l'ai éprouvé par trois fois cette année :

Nous nous étions portés partie civile dans une affaire concernant un homme ayant battu à mort un berger allemand. Il avait avoué, les faits étaient prouvés. Un non lieu a été prononcé, car le délai de prescription était dépassé au jour du procès. Le tribunal a même dû ordonner que cet homme soit défrayé de ses frais d'avocat !

Une deuxième affaire, dans laquelle nous nous étions également portés partie civile, concernait un homme qui devait partir en vacances en Corse, mais qui a pris le temps avant d'attacher son chien à un arbre, dans un bois, et de s'assurer qu'il était mort. Il devait trouver le temps long, car le dossier nous a appris qu'il avait même interrogé sa future ex-femme pour savoir combien de temps pouvait tenir un chien sans manger et sans boire, indice confondant pour les enquêteurs. Le chien est mort de soif et de faim. Revenu de vacances, l'homme en question est allé récupérer le collier et la laisse, pour son prochain chien probablement... Notre avocat, Maître Anne, a brillamment plaidé ce dossier. L'homme a été condamné, sur le plan civil, à 200 € d'amende et 350 € au titre de l'article 475-1 (frais de représentation par avocat). Sur le plan pénal, il a été condamné à deux mois de prison avec sursis. Ce n'est vraiment pas cher payé pour ce que ce pauvre chien a enduré. L'homme en question n'avait même pas daigné se présenter à l'audience...

Depuis juin 2004, je galère pour essayer de faire punir une de nos adoptantes, gendarme de profession, qui a fait mettre à mort un de nos chiens, jeune, gentil et en parfaite santé, suite à un accident provoqué en fait par l'incompétence et le manque de jugement de la dame. Dossier épais, recueil de témoignages, visites aux responsables hiérarchiques de la jeune dame, plainte auprès du Procureur de la république etc... Des dizaines de démarches, des dizaines d'heures de travail... Le Procureur a finalement ordonné en 2007 une médiation pénale, à laquelle Maître Anne a bien voulu m'accompagner et à l'issue de laquelle j'ai accepté les propositions du médiateur, que la dame s'est permis, elle, de refuser... Finalement, le Procureur de la république a décidé de procéder à un classement sans suite... Le conseil d'administration n'entendant pas en rester là, nous envisageons maintenant une procédure civile.

Comme vous pouvez le constater, il est très difficile d'obtenir réparation des préjudices et de faire respecter les droits des animaux. La plupart du temps, on ne recueille que déboires et déceptions, ce qui n'est pas, d'ailleurs, une raison pour renoncer.

A vous qui soutenez si fidèlement notre cause mais êtes éloignés de la vie quotidienne de l'association, je voudrais raconter, à titre d'exemples, quelques-unes des petites histoires, tristes ou heureuses, parfois cocasses, qui émaillent ou pimentent nos journées.

Je pense à ce jeudi après-midi (jour de fermeture du refuge) où j'ai dû, en l'espace d'une heure, et toutes affaires cessantes, rappeler un employé en congé et trouver deux bénévoles pour sortir de la chambre froide, inutilisée depuis longtemps, les piles de couvertures et les palettes de nourriture (700 kg chacune) qui y étaient entreposées, pendant que le fils de la gardienne, appelé lui aussi à la rescousse, réparait le système électrique permettant de faire le froid, afin de pouvoir accueillir, comme si de rien n'était, un camion qui venait, sous bonne escorte de motards, nous livrer 380 poulets prêts à cuire saisis par les douanes le matin même, car le camion était en infraction avec la loi. Si nous n'avions pas pu prendre ces poulets, ils auraient fini à l'équarissage. Il avait fallu réagir très vite, comme souvent, mais nos chiens ont fait la fête pendant plus d'une semaine !

Ramassé à Genlis, presque inerte, un chat arrive au refuge, pantelant, borgne, la gorge déchirée, un énorme trou béant sous le cou d'où s'écoule un mélange de sang et de pus. Aussitôt conduit chez le vétérinaire, opéré d'urgence, il s'est remis très vite : manifestement il voulait survivre et avait beaucoup lutté pour cela. Notre Harold, aujourd'hui tatoué, vacciné et castré, vigoureux et confiant, attend avec impatience celui qui voudra bien lui offrir une nouvelle vie, heureuse cette fois.

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Harold

Une adhérente, membre bienfaiteur, se présente au refuge ; elle vient de prendre sa retraite et fête l'événement en venant adopter un vieux chien. C'est difficile, pour une bonne âme, d'en choisir un, car cela signifie que les autres vieux toutous vont rester au refuge. Elle repart avec Jumpy, 13 ans, après avoir fait un chèque d'un montant très largement supérieur à la participation demandée pour une adoption, et s'étonne même lorsque je la remercie chaleureusement d'avoir choisi un chien âgé : pour elle, cette démarche est naturelle, évidente. Nous leur souhaitons, à elle et à Jumpy, tout le bonheur qu'ils méritent.

A propos d'animaux âgés, je ne saurais trop vous inciter à consulter, sur notre site internet, une nouvelle rubrique que nous venons de créer : «les cas des cailloux». Nous y présenterons, à l'aide d'un texte et d'une photo, les animaux qui ont le moins de chances d'être adoptés, en raison de leur âge, d'un handicap, d'un trait de caractère particulier ou d'un séjour trop long au refuge. Si certains d'entre nous pouvaient suivre l'exemple donné par la maîtresse de Jumpy, ce serait bien réconfortant.

Quelquefois, on serait tenté de penser que les animaux en détresse savent que leur salut se trouve au refuge des Cailloux : je pense au chien Lorenz, qui attendait sagement, à cinq heures du matin, tranquillement assis devant le refuge, que la gardienne lui ouvre la porte ; ou encore, plus récemment, au chien Gilbert, qui a profité de l'ouverture du portillon, à midi, lors de la sortie des animaliers, pour entrer dans la cour du refuge et aller dire bonjour à tout le monde, en attendant qu'on lui attribue un box. Il a eu moins de chance que beaucoup d'autres : nous avons fait pour lui tout ce qu'il fallait, réconfort, mise en état sanitaire etc... Nous l'avons équipé d'une petite botte, puis d'une chaussette spéciale, en attendant que sa patte malade guérisse. Puis, un matin, son ventre a enflé brusquement : hémorragie interne, cancer de la rate, fin de l'histoire. Le vétérinaire l'a euthanasié après tranquillisation et anesthésie générale. Son animalière l'a accompagné jusqu'au bout, comme nous avons coutume de le faire dans ces cas-là.

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Gilbert

Le chat Freddy passait beaucoup de temps dehors, recherchant les endroits ensoleillés. Or l'abus de soleil provoque fréquemment des «chancres» (cancers) des oreilles ou du nez chez les chats blancs. C'est ce qui est arrivé à Freddy, dont les deux oreilles étaient blanches... Une opération s'avérait nécessaire, car le chat souffrait beaucoup et se grattait au point que ses oreilles étaient déchiquetées et en permanence ensanglantées. Les maîtres de Freddy ont préféré l'abandonner, après avoir vécu 14 ans en sa compagnie. La S.D.A., qui soigne systématiquement tous les animaux qu'elle recueille, a tenté l'opération, qui a très bien réussi. Evidemment, notre pauvre vieux Freddy n'a plus d'oreilles, mais il a supporté vaillamment les soins post-opératoires et combattu avec succès un glaucome et le coryza.

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Freddy

Un brave chien, Titi, est abandonné par ses maîtres, qui répondent tranquillement aux questions qu'on leur pose pour essayer de mieux connaître l'animal. «Ah oui, il boite, c'est parce qu'il est tombé du premier étage, il y a trois mois... Non, on ne l'a pas emmené chez un vétérinaire, ça ne saignait pas. Il a beaucoup pleuré pendant quinze jours, il avait beaucoup maigri aussi, mais maintenant ça va...» Diagnostic de notre vétérinaire, d'après la radio que nous avons fait pratiquer : fracture du fémur avec déplacement de l'os. On imagine la souffrance du chien, qui n'a même pas eu droit à un antalgique alors qu'il aurait fallu l'opérer d'urgence. L'histoire, cette fois, finit bien : Titi a été adopté par des gens charmants, prenant ainsi sa revanche sur un passé injuste.

Je pourrais aussi vous parler du chien Snoopy, découvert allongé auprès de sa maîtresse morte depuis trois jours, du chat Guillaume arrivé au refuge à l'état de squelette, et qu'il fallut alimenter avec précaution pour qu'enfin, au bout de quatre mois, il retrouve une corpulence à peu près normale, du petit chien Hégisippe, arrivé couvert de croûtes provoquées par une gale démodécique ancienne et jamais soignée, et qu'on plonge chaque matin dans un seau rempli de désinfectant pour hâter sa guérison...

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Guillaume                                                      Hégisippe

Et puis il y a tous les autres : les jeunes, les vieux, les bêtes de race et les croisés, ceux qui ont été maltraités, ceux qui ont été dorlotés et se retrouvent au refuge à la suite d'un mauvais coup du destin, ceux qui arrivent agressifs et qu'on amadoue, ceux qui arrivent tremblants et qu'on réconforte, les malades, les blessés, les bien-portants, les chiens, les chats, les furets, les lapins, les oiseaux, les hamsters, les gerbilles, les «trouvés», les «abandonnés» au refuge, les «jetés par-dessus la grille», les «découverts dans la benne par les éboueurs», les «attachés à la poignée de la porte» parce qu'ils ont la teigne ou qu'ils ne savent pas chasser le hérisson, bref tout un peuple à quatre pattes que nous pouvons sauver grâce à vous, et dont tous les membres sont traités avec une exacte justice.

Alors, en leur nom à tous, je vous remercie bien sincèrement pour vos cotisations et pour vos dons, et je vous prie de bien vouloir agréer, cher adhérent, l'expression de mes meilleurs sentiments.

Le Président,

Nicole Bacqué


Lettre d'appel des cotisations 2007

Cher adhérent,

Comme d'habitude, je viens ici, en ce premier mois de l'année, tenter d'établir pour vous un compte-rendu sommaire de l'année écoulée, avant de faire appel, une fois de plus, à votre générosité et à votre soutien, afin qu'ensemble nous poursuivions, en 2007, notre action en faveur de toutes ces bêtes oubliées, abandonnées, maltraitées, perdues, malheureuses, qui dépendent de nous et n'ont que nous au monde, et pour lesquelles notre refuge représente la dernière chance -et bien souvent la seule-.

L'année, une fois de plus, a été éprouvante, et j'ai fini par me faire à l'idée qu'il ne pouvait pas en être autrement : s'il s'agissait seulement de recueillir de pauvres bêtes, de les soigner, de les réconforter, de leur redonner confiance puis de les faire adopter, la tâche serait déjà, vous pouvez aisément l'imaginer, stressante et difficile. Mais, pour pouvoir effectuer auprès des animaux cette mission essentielle qui nous incombe -et qui est notre seul but à tous- il nous faut gérer le refuge et l'association comme une entreprise, avec tous les soucis administratifs, matériels et financiers que cela implique. A deux différences près cependant : la première, c'est que les "patrons" sont bénévoles ; et la seconde, c'est que nous n'avons à vendre, pour assurer notre financement, ni produit attrayant, ni service dont on ne peut se passer, mais seulement un petit morceau de bristol -la carte d'adhérent- qui témoigne de notre engagement et de nos sentiments à tous.

Parmi beaucoup d'autres, voici quelques-unes des difficultés qu'il a fallu résoudre : à l'automne, notre petite Renault Express, seul véhicule de l'association, s'est fendue en deux, après avoir transporté, pendant treize années, quelques milliers d'animaux et des tonnes de nourriture et de matériaux divers. Il a fallu la remplacer de toute urgence, car il ne se passe pas de jour sans qu'on doive emmener à la clinique une ou plusieurs bêtes. C'est une Kangoo neuve et spécialement aménagée qui a pris le relais, mais nous n'avions pas prévu cette dépense pour 2006, pensant que la petite Express, que nous chouchoutions, allait durer encore un an ou deux.

VoitureSPA.jpg La nouvelle voiture

Il a fallu se pencher sur un souci de chauffage : dans toutes les chatteries, les radiateurs électriques, très anciens, véritables « grille-pain », procuraient très peu de chaleur tout en consommant beaucoup. Les mêmes « grille-pain » équipaient la maison de la gardienne, et deux d'entre eux seulement fonctionnaient encore. Après avoir consulté des entreprises spécialisées, en espérant changer pour une énergie moins chère que l'électricité, il a fallu se résoudre, rien d'autre ne s'avérant possible, à procéder à l'installation de nouveaux radiateurs électriques radiants et nettement plus efficaces que les anciens, et ces travaux sont presque terminés. Dès qu'ils seront achevés, il faudra passer à des travaux de maçonnerie, pour lesquels j'ai accepté le devis, car le bâtiment dans lequel se trouvent les nouveaux animaux de compagnie (lapins, furets, gerbilles etc...) ainsi que la buanderie et le grenier s'est lui aussi fendu en deux (comme la voiture !) sur toute sa hauteur, et la fente mesure plusieurs centimètres de large, si bien que nous nous sommes trouvés dans l'obligation d'héberger dans notre minuscule bureau la perruche récemment abandonnée, cet oiseau craignant le froid.

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La perruche Cocotte

Il a fallu également gérer un gros souci informatique : nos logiciels, complètement obsolètes, ne permettaient pas que soient « récupérés » nos documents et fichiers (ils sont au nombre de 3000 environ) et nous avons craint pendant plusieurs mois de devoir tout « ressaisir ». Le pire a pu être évité, nous nous remettons « à flots » progressivement, mais l'informaticien, Odile Boch et Agnès ont vécu d'effroyables semaines...

Le plafond du local baptisé pompeusement « pharmacie », où nous entreposons nos réserves de médicaments, vient de s'effondrer (8 janvier 2007)... Le bénévole qui trie et range les remèdes a réussi à les «sauver», mais il va falloir débourser 3800 € (hors taxes) pour la réparation.

Ces quelques petits exemples (un fétu de paille sur l'océan des soucis qui nous accablent) pour que vous sachiez que ce qui se passe au refuge lorsqu'il est ouvert, l'après-midi, -et qui est notre raison d'être- n'est que la partie visible de l'iceberg, et n'est rendu possible que par sa partie immergée : un travail très astreignant, ingrat, prenant, souvent ardu et pour lequel il faut sans cesse lutter contre le découragement. Et j'avoue que si je n'avais pas à mes côtés, chaque jour, depuis un peu plus d'un an, notre trésorière, j'y aurais certainement cédé... Odile Boch vient travailler avec moi au secrétariat tous les matins, et si elle ne part jamais avant midi, elle arrive parfois bien avant 8 heures !

En ce qui concerne le personnel : Jean a pris sa retraite, mais il accourt dès que nous avons besoin de lui pour un chien difficile ou une petite réparation. Jeanine dirige les animaliers le matin, se transforme en conseiller d'adoption l'après-midi et devient gardienne le soir venu. Cela fait 28 ans qu'elle court du matin au soir. Danièle, Claude, Cécile, Yann, animaliers sous contrats aidés par l'état, s'investissent à fond dans leur travail et s'en acquittent avec beaucoup de coeur.

Nous le savons tous depuis longtemps, il faut envisager un « déménagement » du refuge, nos locaux étant beaucoup trop petits pour notre activité, très vétustes, ne correspondant pas -et beaucoup s'en faut- aux normes actuelles. Il convient d'étudier et de mettre sur pied un projet que je pourrais soumettre ensuite au Conseil Général et à la Mairie de Dijon, ces deux collectivités locales se montrant très bienveillantes à notre égard. Pour ce faire, la constitution d'une petite équipe efficace et déterminée est nécessaire, et je fais ici appel aux bonnes volontés.

Les nombreuses démarches que nous effectuons depuis des années en faveur des chats errants, et notre combat pour que leur mise en fourrière soit remplacée par leur stérilisation, identification et relâcher sur leur lieu de vie continuent à porter leurs fruits : des conventions R.A.P.A.P.P.E.L. sont signées avec plusieurs mairies : Dijon, Crugey, Fauverney, Izeure, Perrigny-sur-l'Ognon. Des négociations sont en cours avec de nombreuses autres communes. La Mairie de Dijon a bien voulu accorder au R.A.P.A.P.P.E.L., pour cette action, une subvention de 2000 euros, et le Conseil Général nous a attribué une subvention de 1500 euros. Le R.A.P.A.P.P.E.L. a fait stériliser et tatouer, en 2006, plus de 200 chats dans tout le département.

Notre S.P.A. a pu, grâce à vous, recueillir, soigner, sauver, replacer de nombreux animaux. La ligne de conduite que nous avions, tous ensemble, définie en 1996, est toujours respectée : tous les animaux, quels que soient leur âge, leur race, leur état sanitaire à l'arrivée, leur statut (animal abandonné ou animal trouvé), sont systématiquement soignés, vaccinés contre les maladies courantes de leur espèce, tatoués. Les chats, mâles et femelles, sont stérilisés et testés contre la leucose et le F.I.V. Les chiennes sont la plupart du temps stérilisées avant leur sortie du refuge pour adoption. Aucune euthanasie libératoire n'est effectuée ni côté refuge ni côté fourrière, et le fait est assez rare pour être signalé. Tous les animaux entrant dans les bâtiments fourrière -que nous nommons «chenil d'isolation» et «chatterie d'isolation»- en ressortent, après mise en état sanitaire, pour être installés au refuge, en attente d'adoption. (Ce sont les animaux «trouvés» qui doivent obligatoirement être inscrits en fourrière, contrairement à ceux qui sont légalement abandonnés par leur maître). Nous ne pratiquons que des euthanasies médicales, lorsque la médecine vétérinaire se déclare impuissante à soigner l'animal et à soulager sa souffrance. La plupart des animaux arrivant au refuge n'ayant jamais été montrés à un vétérinaire, leur « mise en état sanitaire » coûte cher, mais elle est absolument indispensable. Et je rappelle que notre S.P.A., qui a une importante activité de fourrière, c'est-à-dire d'accueil des animaux «trouvés», ne reçoit pas d'indemnité des municipalités pour ce service (exception faite pour une petite commune).

2006, comme les années précédentes, nous a apporté son lot d'animaux abandonnés encore plus lâchement que d'autres : chiens et chats jetés par-dessus le mur du refuge, dans les jardins de certains administrateurs de la S.D.A. ou encore dans la salle d'attente d'un de nos vétérinaires ! Parmi eux, le chat Erwan, dont voici l'histoire : le portillon du refuge s'entr'ouvre et la secrétaire s'attend à voir entrer un visiteur. Elle n'aperçoit qu'un avant-bras et une main, qui tient un chat par la peau du cou et le jette brusquement et très violemment dans la cour, en direction du bureau. Quelques jours après, on s'aperçoit que le chat peine à uriner ; il faut le sonder, et à cette occasion on découvre une lésion de l'urêtre, anomalie gênant la miction et nécessitant une urétrostomie (ablation du pénis). On soupçonne donc les raisons de cet abandon sauvage, et on comprend mieux le comportement terrorisé du chat : une grande souffrance due à sa malformation s'ajoute à sa crainte d'être de nouveau maltraité. Nous avons fait procéder à l'opération nécessaire, et dès la convalescence terminée, nous avons constaté un changement radical dans l'attitude de la pauvre bête : paisible, confiant, câlin, juste un peu timide encore, il espère maintenant qu'un vrai maître va venir le chercher. En attendant cet heureux épilogue, un parrainage serait le bienvenu, car il est conseillé de nourrir Erwan essentiellement avec des boites, sachets et croquettes CD, que l'on trouve chez tous les vétérinaires, mais qui sont un peu onéreuses pour une association.

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Erwan

Deux chiots, deux frères, sont abandonnés, légalement cette fois, par une de ces personnes encore beaucoup trop nombreuses qui, au mépris de la loi, font faire à leur chienne deux portées par an, dans le but de vendre la portée, non vaccinée, non tatouée, non examinée par un vétérinaire, donc une deuxième fois au mépris de la loi. Nos deux chiots sont ceux qu'elle n'a pas réussi à «placer». L'un semble en bon état, l'autre est un peu malingre et souffre d'un ulcère à l'oeil. Le premier n'a pas survécu : infesté par les vers, il n'a pas supporté la vermifugation, pourtant tentée avec prudence et parcimonie. Nous n'avons pas pu sauver l'oeil du second, soigné dès son arrivée au refuge, mais beaucoup trop tard quand même. En revanche, il se porte dorénavant comme un charme.

Etre au bureau du refuge, l'après-midi, c'est faire face à des situations extrêmes et éprouver des émotions aussi fortes que contradictoires. Je passerai vite sur les adoptions : reconnaissance envers la personne qui est venue là dans le but d'inverser le cours du destin d'un animal malheureux, satisfaction de savoir que le chat Etienne et la chienne Prudence ont enfin trouvé un maître, échanges chaleureux entre des gens qui se comprennent et veulent faire ensemble reculer le front de la misère animale. Mais il y a les abandons, et c'est souvent la douche glacée, le moment insupportable. A celles qui se relaient au bureau (Jeanine, Agnès, Danielle), je rabâche sans cesse les mêmes consignes : rester calme quoi qu'on fasse et quoi qu'on dise, écouter sans broncher, sans contester, sans manifester la moindre désapprobation, toutes les inepsies, voire les horreurs, proférées par certains abandonneurs, et ce dans l'intérêt de l'animal. Il faut une grande maîtrise de soi pour respecter ces consignes, et ce d'autant plus que, si on se trouve là, c'est bien parce qu'on aime les animaux. Quant à moi, si je suis convaincue qu'il faut procéder ainsi, je n'en suis pas capable : récemment, de passage au refuge, je me tenais au bureau lorsqu'arrive une famille, le père marchant devant et tenant un panier de transport pour chat à la main, la mère le suivant et précédant ses deux fils. Probablement avait-on pensé qu'assiter à l'abandon-punition du chat était instructif pour les enfants. Leur vétérinaire a refusé d'euthanasier le chat, aussi on nous apporte le monstre qui, depuis neuf ans, les griffe et les mord. Et la mère d'exhiber son avant-bras griffé, attendant qu'on la plaigne -mais en vain-, car il ne nous a fallu que quelques instants pour comprendre que l'agressivité du chat devait être une réaction de défense. La secrétaire osa demander une explication concernant le carnet du chat et se fit rabrouer vertement. Quant à moi, presque sans m'en apercevoir, je prononçai : «pauvre chat» ; nous avions déclenché une crise d'une violence inouïe : hurlements de la mère qui m'accusait de vouloir que le chat crève les yeux de ses enfants, menaces du père qui allait tirer une balle dans la tête de l'animal, puisque ni son vétérinaire ni nous-mêmes ne voulions les comprendre. Jeanine réussit à les rattraper, car ils partaient en vociférant, puis à parlementer et à «récupérer» la bête féroce, avec laquelle on prit évidemment des précautions particulières, c'est-à-dire qu'on la traita exactement comme les autres chats. Le tigre n'a jamais causé le moindre souci, il est doux et paisible, et manifestement très content d'avoir échappé à son ancienne vie.

La vie quotidienne du refuge est faite de la succession d'événements souvent heureux, puisque ce sont parfois de véritables sauvetages que nous effectuons, grâce à votre soutien. Je pourrais, si je disposais de davantage de place, vous conter l'histoire de Brownie, petite chienne abandonnée à l'âge de 9 ans par des maîtres indifférents, puis adoptée par une gentille institutrice ; celle de Daniel, déposé au refuge parce qu'il était très vieux et aveugle et qui a cependant terminé sa vie traité comme un pacha ; celle de Whisky, qui vivait en permanence attaché à une voiture et qu'une de nos bénévoles a sauvé ; celle de ces deux Saint-Bernard, pour lesquels nous avons peiné à trouver des niches assez grandes, dont nous pensions qu'ils attendraient longtemps avant d'être adoptés, et qui trouvèrent chacun un maître en l'espace de quelques semaines...

Avant de terminer, je tiens aussi à vous dire que notre S.P.A. doit une grande reconnaissance à Michèle Pennequin, adhérente, Chevalier de Saint-François d'Assise, Présidente d'Honneur de «Charlotte et les autres...», grâce à qui beaucoup de bonnes choses sont possibles.

Et puis n'oublions pas que, dans les démocraties, ce sont les nombres qui importent. Plus une association compte d'adhérents, et plus ses dirigeants ont de chance d'être écoutés et considérés par ceux qui disposent du pouvoir. Nous connaissons tous des gens qui se lamentent sur la façon dont notre société traite les animaux sans pour autant être adhérents : à ceux-là, il nous revient d'expliquer gentiment que gémir ne sert à rien, et que si l'on veut vraiment que les choses changent, il faut adhérer à une association de protection.

Depuis mars 1996, date à laquelle vous m'avez fait l'honneur de m'élire à la présidence de notre association, la fidélité des adhérents de la S.D.A. à la cause qu'elle défend ne s'est jamais démentie, leur nombre n'a pas cessé d'augmenter (vous êtes six fois plus nombreux qu'en 1996) et j'ai, chaque année, constaté avec émotion que vous répondiez avec générosité et rapidité à ma demande annuelle. Certaine qu'il en sera de même pour 2007, et vous en remerciant à l'avance, au nom de ceux qui ne vivent que de nos dons, je vous prie de croire, cher adhérent, à l'expression de mes meilleurs sentiments.